Inconfort intellectuel
| La tentation est forte, pour ceux qui travaillent, de choisir le confort d’un discours sur les tâches qui évite de s’exposer en rendant compte de l’activité elle-même. Réciproquement, la tentation est encore plus forte sans doute pour les spécialistes du concept, dans le confort de la tour d’ivoire de la rationalité intellectuelle, de se satisfaire des modèles qu’ils ont conçus et des enchaînements qu’ils ont imaginés. L’inconfort intellectuel est une posture découlant directement de la conception ergologique de l’activité (voir : renormalisation ; double anticipation). L’activité ne peut jamais nous laisser confortablement installés dans des interprétations stabilisées des processus et des valeurs en jeu dans une situation d’activité : d’où la faute ergologique par excellence, qui consiste à ne pas être en permanence dans une posture d’inconfort partiel. Il s’agit au contraire de se laisser déranger méthodiquement à la fois dans nos savoirs constitués et dans nos expériences de travail, afin de progresser sans cesse sur les deux plans. |
| Cette définition est prise dans "Vocabulaire ergologique" de l'ouvrage "L'Activité en Dialogues Entretiens sur l'activité humaine (II) " paru en mars 2009 chez Octares Editions. Cette définition n' est pas à prendre comme un article de référence d’un dictionnaire. La définition scientifique des concepts de l’ergologie passe nécessairement par les textes correspondants. |
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